細野 正文 Masabumi Hosono

Posté le 3 avril 2020 par Klodya

Connaissez-vous Masabumi Hosono ?

Né en 1870 et mort en 1939, son histoire est extraordinaire et dramatique. Il fut l’unique survivant Japonais du Titanic mais cet exploit ne fût pas apprécié de tous, bien au contraire…

En 1910. Masabumi Hosono est un agent public du ministère des transports japonais. Alors âgé de 42ans, il est envoyé en Russie afin d’étudier leur système ferroviaire. Deux ans plus tard, il est sur le chemin du retour à bord du fameux bateau mais voilà que pendant la nuit du 14 avril, il est réveillé par des sirènes d’alerte.

Il est alors dans les cabines en seconde classe mais un membre de l’équipage lui refuse l’accès au pont supérieur, pensant qu’il fait parti des passagers de 3ème classe. Par miracle, il arrive à prouver qu’il est bien un passager de seconde classe et il est alors autorisé à rejoindre le pont.

Crédit : Charles Dixon

 

Là, tout ce qu’il voit, ce sont les canots pris d’assaut, des hommes et des femmes en train de se noyer. Il pense alors que c’est la fin, il commence à s’y préparer mentalement quand tout d’un coup, un matelot crie:

“Il reste 2 places sur le canot 10”.

Un homme près de lui saute dans le canot et, sans réfléchir, n’écoutant que son instinct de survie, Masabumi Hosono saute à son tour. C’est ainsi qu’il fut sauvé d’une mort certaine.

Crédit : https://yo-mu-wa-inko.com

 

De retour au Japon, il retrouva sa femme et ses enfants mais au lieu de célébrer sa survie, il fut rejeter par le peuple japonais. Il fut victime du mura hachibu** ! On le traita de lâche et il perdit son emploi ! On le blâma pour ne pas être mort “héroïquement” avec les autres passagers. Certains dirent qu’il s’était déguisé en femme pour avoir une place sur le canot de sauvetage et dans les journaux nationaux, on publiait des menaces de mort à son encontre.

https://ameblo.jp/atom2460/entry-12373928728.html

 

** 村八分

 

**Mura hachibu est un terme employé à l’époque d’Edo quand un villageois était exclus de la vie en communauté pour avoir commis une infraction grave comme ne pas avoir respecté une décision prise par la majorité, ne pas avoir effectué les travaux communs ou encore ne pas avoir respecté le jour de repos convenu par tous. Comme il était alors impossible de vivre sans la communauté, le villageois alors exclu, allait supplier l’homme le plus riche / influent de la ville. Si celui-ci acceptait de l’aider, il organisait un grand repas, invitait les villageois et le paria devait alors demander pardon à chacun.

 

Masabumi Hosono ayant donc sauvé sa peau au lieu de sauver femmes et enfants, n’a pas eu la mort honorable, tel un samouraï que les Japonais auraient préféré. Il était alors devenu la disgrâce du Japon et on lui demandait régulièrement, via les journaux, de se suicider !  Cependant, Masabumi Hosono était un brillant expert et le Japon ne pouvait pas se permettre de juste le renvoyer et perdre toutes les connaissances qu’il avait acquis. Il fût alors réembauché au bout d’un moment par le gouvernement et y travailla jusqu’à sa mort, le 14 mars 1939.

 

Postérité

Même après sa mort, la disgrâce plana sur sa descendance, durant des décennies, jusqu’à la sortie du film Titanic, de James Cameron. Masabumi Hosono ne parla jamais dans les journaux de ce qui lui était arrivé. Cependant, il écrivit des lettres à sa femme, des lettres où il raconta en détail ce qui lui était arrivé. Elles furent rendues publique en 1997 avec la sortie du film Titanic et le succès du film aidant, on lui pardonna d’être resté en vie. Le petit-fils de Masabumi Hosono dit alors qu’il fût enfin libéré du poids de la honte engendrée par son grand-père.

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